Le couple au cinéma

Le couple au cinéma
La figure du couple est au coeur des fictions sentimentales: drame, mélodrame, comédie romantique ou musicale. Mais le couple d'acteurs est aussi un ressort narratif dans les comédies et dans les films d'actions au sens large.
Les 2 héros ont le plus souvent des traits de caractère différents.
De nombreux couples de cinéma l'étaient également dans la vie, pour quelques semaines (Yves Montand et Marilyn Monroe), quelques années (Alain Delon et Romy Schneider) ou pour la vie ou presque (Liz Taylor et Richard Burton). Si les couples mythiques appartiennent surtout au cinéma du passé, la figure du couple est une composante narrative essentielle du cinéma contemporain.
MELODRAME
L'Amour fou:
Lorsque l'amour est présenté comme une folie dangereuse, le couple est souvent constitué d'un personnage séducteur et d'une victime aveuglé par la passion.
Ainsi, dans Coeurs Brulés (1930) de Josef von Sternberg, Marlène Dietrich sacrifie tout par amour et renonce à un mariage confortable pour suivre un légionnaire (Gary Cooper)
Dans Le Port de l'Angoisse (1944) d'Howard Hawks, un vieux baroudeur américain du nom d'Harry Morgan (H. Bogart) ne peut résister au charme insolent d'une jeune aventurière (Lauren Bacall).

L'Amour-haine
Dans certains cas les 2 partenaires ne parviennent pas à s'avouer leur amour. L'exemple le plus célèbre reste celui d'Autant en Emporte le Vent (1939) de Victor Fleming. Scarlett O'Hara (Vivien Leigh) est une jeune femme fière et obstinée qui s'est entichée d'un homme marié et sans caractère. Rhett Butler (Clark Gable) est en fait le seul à pouvoir lui tenir tete et à l'aimer telle qu'elle est. Après de multiples rebondissements, Scarlett accepte de l'épouse, mais il faudra encore bien des drames pour qu'elle avoue ses sentiments...au moment meme où lui, lassé, décide de la quitter.

Amour et Destin
C'est parfois le destin qui sépare ou réunit les couples.
Titanic (1997) est connu de tout le monde. Le duo Kate Winslet-Leonardo DiCaprio reste dans les mémoires.
La mort sépare les amants mais peut aussi les rapprocher. Un Homme et un Femme de Claude Lelouch (1966, Palme d'or à Cannes), met en scène Jean-Louis Trintignant et Anouk Aimée, brisés par la mort de leurs conjoints, qui se rencontrent à Deauville et décident de commencer une nouvelle vie ensemble. La célèbre scène de la voiture sur la plage avec les "chabadabada" en fond sonore est culte.
L'amour destructeur
Les cinéastes s'efforcent souvent de montrer des passions extremes.
Dans 37.2 le matin (1986) de Jean Jacques Beinex, Zorg (Jean Hughes Anglade) assiste à la déchéance de Betty (Béatrice Dalle) qui sombre dans la folie. Il finit par la tuer.
La Leçon de Piano(1993) de Jane Campion, montre au contraire un amour salvateur: une femme muette (Holly Hunter) est un homme rustre (Harvey Keitel) tissent une relation érotique autour du piano et décident de vivre ensemble.
FILMS NOIRS ET DRAMES PASSIONELS
Scènes mythiques
Certains couples restent associés à des scènes inoubliables, comme celle de Quai des Brumes (1938) de Marcel Carné où Jean Gabin gadmire les yeux de Michelle Morgan.
Dans Casablanca (1942) de Michael Curtiz, Elsa (Ingrid Bergman) entre dans le bar de son ancien amant, Rick (Humphrey Bogart) et demande au pianiste de jouer leur air préféré, "As time goes by".
Tout risquer:
L'amour pousse bien à des excès:
Dans Fenetre sur Cour (1954) d'Alfred Hitchcock, Grace Kelly prend des risques inconsidérés pour aider James Stewart à résoudre un crime... tandis que dans Ascenseur pour l'Echaffaud(1957), Florence (Jeanne Moreau) aide Julien (Maurice Ronet) à tuer son époux.
Dans Les Liaisons dangereuses (1988) de Stephen Frears, la manipulation est un art partagé: la marquise de Merteuil (Glenn Close) promet ses charmes au vicomte de Valmont (John Malkovich) s'il réussit à séduire l'innocente Cécile de Volanges.
Jeux dangereux
Les amoureux en cavale ont aussi fait l'objet de nombreux films:
Sur mes lèvres (2001) avec Emmanuelle Devos et Vincent Cassel, Jacques Audiard joue avec la figure mythique du couple d'escrocs en la prenant à rebourds: l'héroine est malentendante et lui est peu charismatique. Le voyou et l'employée modèle montent un casse qui finira mal.
Dans A Bout de Souffle (1960) de J.L. Godard, Patricia (Jean Seberg) n'a jamais demandé à etre la maitresse d'un homme en cavale (Jean Paul Belmondo). Elle finira d'ailleurs par le dénoncer.
Bonnie and Clyde (1967) d'Arthur Penn, avec Faye Dunaway et Warren Beatty demeure la figure mythique du couple en cavale. Soudés par plusieurs crimes, ils meurent ensemble mitraillés par la police. David Lynch en fera une version moderne avec Sailor et Lula (1990).
AMOURS ET AUTRES COMPLICATIONS
Certains films montrent le couple dans sa complexité grace à une grande finesse psychologique:
Avec Le Mépris (1963) J.L. Godard signe un film magnifique sur la déliquescence d'un couple et l'incompréhension. Camille (Brigitte Bardot) en vient à mépris son conjoint (Michel Piccoli) sans pouvoir en formuler la raison.
Le Chat (1971) de Pierre Granier-Deferre, propose une autre vision du couple en naufrage. Julien (Jean Gabin) et Clémence (Simone Signoret) ne se parlent plus. Entre eux deux, un chat, pitoyable victime de la haine qui monte, de l'amour effacé par le temps. Dans Nous ne vieillirons pas ensemble (1972), le ton est plus dur. Jean (Jean Yanne) , un phallocrate grossier, ne cesse d'insulter sa maîtresse (Marlène Jobert), qui finit par le quitter.
Dans In the Mood for Love (2000) de Wong Kar Wai, un homme et une femme se rendent compte que leurs époux sont amants. Ils en viennent eux-même à se fréquenter... et à s'aimer.

# Posté le lundi 30 juillet 2007 10:42

Modifié le dimanche 02 septembre 2007 15:46

Portrait... Brian De Palma (1940-)

Portrait... Brian De Palma (1940-)
Beaucoup concidère Brian De Palma comme le digne héritier d'Alfred Hitchcock. En effet, la qualité de ses oeuvres, le suspense et sa maestria font de lui un cinéaste de génie incomparable.
Dans un période artistiquement riche où on régné des auteurs comme Woody Allen (Annie Hall, 1977), Martin Scorsese (Taxi Driver, 1976), Francis Ford Coppola (Apocalypse Now, 1979) ou Robert Altman (Nashville, 1975), Brian De Palma a su donner un nouveau souffle au cinéma de genre, en particulier dans les domaines du suspense et du fantastique.
Le cinéma de De Palma allie outrance et virtuosité revandiquant un lyrisme exacerbé, surtout dans ses premières oeuvres où il est au sommet: citons Phantom of the Paradise (1974), son 1e chef-d'oeuvre où il mele comédie musicale, drame psychologique et suspense. Carrie (1976) adapté du roman de Stephen King est devenue un classique du film d'horreur et pousse à son paroxysme l'utilisation du split-screen, procédé consistant à une séparation de l'écran pour proposer deux angles différents. Pulsions (1980) rend hommage au Psychose d'Hitchcock. La séquence d'anthologie de la drague au musée : 9min 40s muette est pour moi la plus belle de De Palma. On retrouve aussi dans sa filmographie l'incontournable Scarface (1983), avec le grand Al Pacino. Hormis ce dernier, le film qui m'a le plus marqué, c'est le génial Body Double (1984), remake de Fenêtre sur cour. Bien qu'inégales ses dernières œuvres cachent des séquences tout aussi vertigineuses, à l'image de l'ouverture de Snake Eyes (1997).
Pour finir, Brian De Palma n'hésite jamais à afficher clairement ses influences, reprenant des thèmes voir des scènes de ses cinéastes préférés en allant même jusqu'à reproduire dans ses films : l'un des exemples les plus marquant est cette scène des Incorruptibles (1987) où l'on trouve une allusion à la scène de la poussette descendant l'escalier d'Odessa du Cuirassé Potemkine de Serguei Eisenstein.

# Posté le vendredi 20 juillet 2007 07:39

Modifié le dimanche 02 septembre 2007 15:46

LES ANNEES 1960 ET 1970 : LE NOUVEL AGE D'OR DU CINEMA ITALIEN

LES ANNEES 1960 ET 1970 : LE NOUVEL AGE D'OR DU CINEMA ITALIEN
Après les années 1950 où l'apparition d'un star system voulant éliminer le néoréalisme et où l'image du cinéma italien s'est construite grâce à la révélation d'actrices aux formes généreuses : Silvana Mangano, Gina Lollobrigida, Sophia Loren, les années 1960 marquent une période charnière peut-être aussi importante que celle du néoréalisme après la guerre.
La sortie en 1960 de « La Dolce Vita » de Fellini et de « L'avventura » d'Antonioni marquent le début du cinéma moderne en Italie, celle du film d'auteur. Le cinéaste s'affranchit des conventions établies pour développer son style et son univers personnel.
Dans cette période de créativité, Rossellini signe « Les Evadés de la Nuit » (1960), Zurlini « La Fille à la Valise » (1961) et « Journal Intime » (1962), Bolognini « Quand la Chair Succombe » (1962), tandis qu'Antonioni enchaîne avec « La Nuit » (1961) et « L'Eclipse » (1962) et Visconti avec « Le Guépard » (1963) où conjugue cinéma, peinture et musique.
La comédie s'illustre avec « La Grande Pagaille » (1960) de Comencini, « Le Fanfaron » (1962) et « Les Monstres » (1963) de Dino Risi. Elle se poursuivra brillamment dans les années 1970 avec « L'Argent de la Vieille » (1972), « Le Grand Embouteillage » (1978) de Comencini, « Nous nous sommes tant aimés » (1974) et « Affreux, Sale et Méchant » (1976) de Scola et « Les nouveaux Monstres » de Monicelli, Risi et Scola.
Mais c'est surtout le début de nouveaux réalisateurs : Francesco Rosi (« Salvatore Giuliano », 1962), Ermanno Olmi (« Le Temps s'est arrêté » 1960), Pier Paolo Pasolini (« Accattone », 1961 ; « Mamma Roma », 1962), Bernardo Bertolucci (« Prima della Rivoluzione », 1964), Marco Ferreri (« Le Lit conjugale », 1963) et Ettore Scola (« Parlons Femmes », 1964).
Pasolini incarne le poète génial et maudit du 7e art avec ses fables violentes et poétiques, mystiques ou grinçantes comme « L'Evangile selon Saint Matthieu » (1964), « Théorème » (1968), « Le Décaméron » (1971) ou « Salo ou les 120 journées de Sodome » (1975).
Ferreri développe une œuvre provocatrice sur l'aliénation de l'homme moderne et ses frustrations : « La Grande Bouffe » (1973), « Touche pas à le Femme Blanche » (1974), « La Dernière Femme » (1976) ou « Contes de la Vie Ordinaire » (1981).
Bertolucci provoque un scandale avec « Le Dernier Tango à Paris » (1972) dans ces années de liberté provocatrice et de création sans tabous pour le cinéma.

En 1972, c'est la consécration pour le cinéma italien puisque le Festival de Cannes attribue la Palme à deux de ces films ex-aequo, « L'Affaire Mattei » de F.Rosi et « La Classe ouvrière va au paradis » d'Elio Petri.

# Posté le lundi 16 juillet 2007 12:23

Modifié le dimanche 02 septembre 2007 15:41

LA GENESE DU CINEMA : LE COURT METRAGE

 LA GENESE DU CINEMA : LE COURT METRAGE
Tout film d'une durée inférieure à 1h peut être considéré comme court métrage. Longtemps, le court métrage a accompagné un ou plusieurs « longs » durant les séances de cinéma. De nos jours, il n'est souvent visible que dans les festivals, ou à la TV.
Pourtant sa production reste importante en France : passage obligé vers le long métrage pour les apprentis cinéastes ou format propres à certains genres comme les docs ou les films d'animation.
Outre le classement par genres, les films sont classés aussi en fonction de leur durée.
Court métrage : métrage de pellicule inférieure à 1600m en format 35mm soit une projection d'environ 59min.
Au début du cinéma, le programme d'une séance était toujours composée de films courts.
Les premiers films des frères Lumière de 1895 « La Sortie des Usines Lumière », « L'Arrivée d'un Train à la gare de La Ciotat », « Partie de Cartes », « Le Déjeuner de Bébé », « L'Arroseur arrosé » durent moins d'une minute.
C'est à Georges Meliès que l'on doit l'utilisation du cinématographe à des fins spectaculaire et de fiction. Les effets et les trucages émerveillent le public : « Escamotage d'une Dame chez Robert-Houdin » (1897), « L'Homme à la tête de caoutchouc » (1901) ou « Le Voyage dans la Lune » (1903).
Les premiers films « longs » de plus d'une heure apparaissent vers les années 1910, où se développe une production cinématographique industrielle. En Europe et aux USA : « Cabarina »(1914) de Giovanni Pastrone dure 2h45, « Naissance d'une Nation » (1915) de l'Américain David W. Griffith dure 2h40 et son suivant, « Intolérance » (1916) atteint 3h20. La production de longs métrages n'a jamais fait disparaître celle des courts.
C'est à partir des années 20 qu'apparaissent, pour le distributeur et l'exploitant en salle, les notions de « grands films » et de « complément de programme ».

# Posté le lundi 16 juillet 2007 10:17

Modifié le dimanche 02 septembre 2007 15:55

"Le Nouvel Hollywood"

"Le Nouvel Hollywood"
Inspiré du Néoréalisme italien et de la Nouvelle Vague française, ce cinéma se caractérise par la prise de pouvoir des réalisateurs au sein des grands studios américains et la mise en avant de thèmes jusque là tabous comme la violence ou la sexualité. Ce mouvement renouvela également les genres classiques de cinéma américain (western, film noir) ou les « cassèrent » en s'affranchissant des règles de ceux-ci.
Bien que courte, cette période est aujourd'hui considérée comme la plus belle phase du cinéma du point de vue artistique, et révéla de nombreux réalisateurs de génie comme Francis Ford Coppola ou Martin Scorsese.
Avant, les films d'Hollywood se classaient selon un genre bien défini (comédie, western, film d'aventures...) qui comportait ses stars bien identifiées (Cary Grant pour la comédie, John Wayne pour le western, Errol Flynn pour le film d'aventures). Pendant des décennies, les majors contrôlaient toute la chaîne de production, de l'écriture à sa distribution, y compris le montage.
Ce système de production était productif aussi bien commercialement qu'artistiquement.
Au début des années 1960, l'« usine à rêves » Hollywood, et les recettes qui avaient fait leurs preuves, atteignirent le point mort.En 1967, Arthur Penn réalisa avec Bonnie and Clyde un film de gangsters dont la position sceptique anti-establishment, brisant des tabous d'Hollywood[1], d'un style de narration lyrique et moderne rencontra l'esprit de son temps. La même année, Mike Nichols séduisit avec son film Le Lauréat, dans lequel Dustin Hoffman, qui se révéla au public et à la critique avec ce film, campait un personnage en rébellion contre le monde ennuyeux, vicié et « petit-bourgeois » de la génération de ses parents.
Le premier grand succès qu'enregistra le Nouvel Hollywood fut le road movie Easy Rider de Dennis Hopper (1969), mettant en scène le périple de hippies - interprétés par Dennis Hopper, Peter Fonda et Jack Nicholson - au milieu d'une Amérique profonde conservatrice et raciste. C'est le film qui déclenche définitivement cette nouvelle époque.Le réalisateur Robert Altman, officiant alors à la télévision, tourna en pleine guerre du Vietnam M*A*S*H (1970), une satire caustique et antimilitariste sur la Guerre de Corée, où les héros (dont Donald Sutherland) mènent le code militaire jusqu'à l'absurde.
John Cassavetes, réalisateur le plus indépendant, qui jouait dans des productions commerciales (Les Douze Salopards), filma comme réalisateur les crises et névroses des quadragénaires de la classe moyenne américaine (Faces, 1968).

Dans la plupart des films du Nouvel Hollywood, le réalisateur tient une place centrale dans son élaboration. Il reste le responsable de l'histoire et du point de vue artistique du film, et dispose du « final cut », c'est-à-dire qu'il décide jusqu'au bout du montage de son film. Très cinéphiles, ces cinéastes s'enthousiasmaient pour la qualité du cinéma européen et admiraient les réalisateurs comme François Truffaut, Jean-Luc Godard, Jean Renoir, Ingmar Bergman, Frederico Fellini, Luchino Visconti ou Michelangelo Antonioni. Ils tenaient leurs distances avec les productions commerciales d'Hollywood et désiraient suivre une vision personnelle, tournant des films profondément subtils et artistiques.
La plupart des réalisateurs du Nouvel Hollywood se reconnaissaient dans la tradition européenne du cinéma d'auteur, où le réalisateur est aussi impliqué dans le scénario, la production et le montage. Beaucoup des innovations du Nouvel Hollywood - stylistiques ou scénaristiques - étaient dans la continuité de celles de la Nouvelle Vague française ou du néoréalisme italien.
Gene Hackman, Robert Duvall, Martin Sheen, John Cazale, Faye Dunaway, Jane Fonda, Barbra Streisand, Diane Keaton, Jill Clayburgh, tels sont les acteurs qui ont débutés dans cette période. Mais ce sont Jack Nicholson, Robert De Niro, Dustin Hoffman et Al Pacino qui représentent les acteurs majeurs de cette époque. Grâce à leur engagement intensif et leur conformation aux personnages, ils atteignirent un statut de « superstar » d'Hollywood qui dura des décennies.
La légende Marlon Brando, après un « trou » de carrière, relança celle-ci grâce à Francis Ford Coppola et ses rôles dans Le Parrain et Apocalypse Now.


# Posté le jeudi 07 juin 2007 02:05

Modifié le dimanche 02 septembre 2007 16:07